Un moine, 260 louis… et un cordier ruiné !

Un homme en tunic usée s'assoit penché sur une table en bois, entouré de cordes, tandis qu'une femme en robe sombre et un moine en noir se tiennent à l'arrière près d'une porte.

Bien avant la Révolution, le jeune avocat Robespierre s’est attaqué à l’une des plus riches abbayes du royaume pour défendre un artisan ruiné.

Selon un récit publié dans le bulletin de l’ARBR, l’affaire éclate au printemps 1783. Dom Brongniard, moine-receveur de l’abbaye d’Anchin, accuse le maître cordier François Deteuf de lui avoir dérobé 260 louis. Le bulletin affirme que cette accusation devait masquer des détournements dans la gestion des fonds de l’abbaye. Il rapporte également que la sœur de Deteuf aurait subi les avances du religieux.

Le 13 novembre 1783, un jugement rendu à Arras lave le cordier de l’accusation. Mais faute de dénonciateur officiellement identifié, Deteuf reste condamné aux dépens : entre les frais de justice et d’avocat, il se retrouve ruiné.

Robespierre intervient alors sur la question de l’indemnisation. Au lieu de poursuivre seulement le moine, devenu insolvable, il attaque la responsabilité de toute sa communauté. Il réclame 30 000 livres à l’abbaye pour réparer les préjudices subis par son client et dénonce ce qu’il appelle un « privilège d’impunité ».

Dans son mémoire, l’avocat évoque les dîners, le vin et les femmes qui entouraient la conduite reprochée au moine. L’abbaye riposte vivement : son avocat qualifie le texte de Robespierre de « libelle infâme » et de « diffamation la plus atroce ».

D’après un second article de l’ARBR, l’affaire se termine finalement par un compromis ramenant l’indemnisation à 6 000 livres. Deteuf abandonne ensuite son procès, ce que le tribunal acte en 1786.

La question croustillante : avant de défier les puissants à Paris, Robespierre s’était-il déjà fait la main contre une abbaye richissime depuis le barreau d’Arras ?

⚠️ Restons précis : les 30 000 livres constituent la somme réclamée, pas la somme versée. Le compromis de 6 000 livres et les accusations visant le moine sont rapportés par les articles historiques consultés ; ils ne sont pas ici revérifiés dans le dossier judiciaire original.

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