Arras, 1787 : Robespierre veut les femmes À l’Académie !

Une femme en robe rouge observe une salle d'étude historique où des hommes en habitude du XVIIIe siècle travaillent autour d'une table.
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Deux ans avant la Révolution, l’Académie d’Arras mène déjà une petite révolution dans le monde très masculin des sociétés savantes.

En 1787, un mouvement réclame l’ouverture des académies de province aux femmes. À Arras, Ferdinand Dubois de Fosseux et Maximilien Robespierre soutiennent cette évolution. Deux autrices sont alors choisies comme membres honoraires : Louise-Félicité de Kéralio, historienne et traductrice, et Marie Le Masson Le Golft, femme de lettres et naturaliste.

Mais Robespierre estime que le statut honorifique ne suffit pas. Chargé de répondre aux remerciements de Mlle de Kéralio, il lance : « Ouvrons-leur l’entrée des Académies ; prions-les même d’y accepter une place. »

Selon l’historienne Florence Gauthier, il souhaite aller plus loin : accueillir les femmes comme membres ordinaires, afin qu’elles participent réellement aux réunions, à la production des savoirs, aux débats et au jugement des œuvres présentées par les auteurs des deux sexes.

Le bulletin de l’ARBR souligne le caractère exceptionnel de cette décision : seulement cinq femmes seraient connues comme élues dans des académies privées françaises au XVIIIe siècle. Arras en compte deux dès 1787, puis une troisième, Mlle du Chatellier, élue en octobre 1789.

La question croustillante : combien d’Arrageois savent qu’en 1787, Robespierre jugeait déjà insuffisant de donner aux femmes un simple fauteuil honorifique ?

⚠️ Restons précis : Mlles de Kéralio et Le Masson Le Golft étaient absentes de la séance arrageoise du 18 avril 1787. Elles ne sont donc pas présentées comme ayant physiquement participé ce jour-là. Le nombre de cinq femmes élues est formulé avec prudence dans l’article : « On connaît, semble-t-il… ».

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